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Le médecin m'a ordonné du repos, voir un certain isolement... Je, qui est un autre, se jette vorace et avide sur "L'anthologie de la poésie française" de M. Georges Pompidou. Un vrai livre de chevet...
J'ai glissé quelques images, qui illustrent les ciels d'automne, dans notre Maurienne remarquable ! Le ciel dont nous attendons, secours et aujourd'hui neige, notre regard est tourné vers le ciel - l'horizon, ce mensonge des yeux, des voeux, qui se fond dans le lointain... quel Dieu jamais nous ôtera d'être si naïf ?


Complainte de certains ennuis
de Laforgue


Un couchant des Cosmogonies !

Ah ! que la Vie est quotidienne...

Et, du plus vrai qu'on se souvienne,

Comme on fut piètre et sang génie !...


On voudrait s'avouer des choses,

Dont on s'étonnerait en route,

Qui feraient, une fois pour toutes !

Qu'on s'entendrait à travers poses,

On voudrait saigner le Silence,

Secouer l'exil des causeries;

Et non ! ces dames sont aigries

Par des questions de préséance.`


Elles boudent là, l'air capable.

Et, sous le ciel, plus d'un s'explique,

Par quels gâchis suresthétiques

Ces êtres-là sont adorables.


Justement, une nous appelle,

Pour l'aider à chercher sa bague,

Perdue (où dans ce terrain vague ?)

Un souvenir d'AMOUR, dit-elle


Ces êtres-là sont adorables !

Je ne suis qu'un viveur lunaire

Qui fait des ronds dans les bassins,

Et cela, sans autre dessein

Que devenir un légendaire.


Retroussant d'un air de défi

Mes manches de mandarin pâle,

J'arrondis ma bouche et - j'exhale

Des conseils doux de Crucifix.


Ah ! oui, devenir légendaire,

Au seuil des siècles charlatans !

Mais où sont les lunes d'antan ?

Et que Dieu n'est-il à refaire ?




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La Mort et le Mourant

de La Fontaine

extrait

"La Mort avait raison. Je voudrais qu'à cet âge

On sortit de la vie ainsi que d'un banquet,

Remerciant son hôte, et qu'on fit son paquet..."

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