« Par ma foi ! il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j'en susse rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m'avoir appris cela. ». Mol!ère

Tendances. Le mot fait aujourd’hui la Une de tous les magazines, décliné à l’infini. Mais si les journalistes s’attachent à en définir les grandes lignes, il est rare que l’on prenne le temps de s’interroger sur la nature même de ce concept. Et pourtant les tendances jouent un rôle essentiel dans l’univers de la photographie. Du côté des consommateurs, elles suscitent le désir, donnent envie de renouveler son approche de l'image, de s’inscrire dans la modernité. Chez les créateurs, elles imposent de créer la surprise, d’offrir des idées neuves. Aiguillon du désir et de la création, les tendances sont consubstantielles de l’idée de mode.
Après la slow food, le slow travel ou le slow journalism, la slow photo se décline elle aussi comme une tendance de l’air du temps. Derrière ce mouvement de multiples pratiques mettent en avant l’expérience photographique et la matérialité des supports, en posant la question du temps
Les appareils photo d’aujourd'hui ont des dispositifs remarquables d'automatisme. Il est facile de prendre des centaines, des milliers de photos en une seule journée.
Nos appareils sont tellement avancés que regarder ce que vous photographiez est devenue strictement facultatif.  Ce qui se perd c’est l’idée que la photographie pourrait vous forcer à passer du temps en regardant ce qui est en face de vous, remarquant que ce que vous pourriez autrement ignorer. Cela a engendré une "rébellion" : le mouvement Slow Photography. On peut se demander : quel est l'avantage de prendre des millions de photos ? Et, le cas échéant, qu'est ce que l'on en fait ?
La véritable victime de la photographie rapide n’est pas la qualité des photos elles-mêmes. La victime, c'est nous. Nous perdons quelque chose : la joie de la photographie comme une activité artistique. Et essayer de lutter contre cette perte, c'est pour que la photographie soit une expérience artistique vraie, pas un moyen rapide vers une fin, voià la définition même de la slow photography.

Dans la slow photography, l’idée de base est l’expérience qu'il faut pour étudier certains objets soigneusement et d’exercer des choix créatif. C’est tout.
Vous pouvez, bien sûr, faire de la slow photography avec un appareil tout automatique, mais en général ils ne sont pas conçus pour prendre son temps, réfléchir aux réglages — même un reflex numérique peut sembler forcer à accélérer, prendre toujours plus de photos et le plus vite possible. Si vous voulez vraiment faire de la slow photography, la meilleure façon est d'avoir des équipements anciens, c'est à dire aucun automatisme, ce qui vous forcent à ralentir la prise. Ou alors passer votre vieux reflex numérique en tout manuel!

Tout ceci pour dire, que tel un M Jourdain moderne, beaucoup font de la slow photography sans le savoir et depuis pas mal de temps... mais la Tendance mode est passée par là!