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Mes travaux photographiques, apiculteur de pixels !
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samedi, juillet 10 2010
Par PJFB le samedi, juillet 10 2010, 19:28 - Montagne

... un peu plus tôt par rapport à...
samedi, septembre 12 2009
Par PJFB le samedi, septembre 12 2009, 15:13 - Anthologie
Le photographe Willy Ronis est décédé dans la nuit de vendredi à samedi, a-t-on appris auprès de son entourage. Il était âgé de 99 ans. Pendant des décennies, Willy Ronis a saisi la vie quotidienne des Parisiens, dans des clichés pris sur le vif. « La rue offre à l’esprit curieux un spectacle permanent », expliquait-il en 2005 à l’occasion de l’exposition que lui consacrait la municipalité. Né en 1910 dans le IXe arrondissement parisien, de parents juifs ayant fui les pogroms, Willy Ronis a fait partie après la Seconde Guerre mondiale de ce qu’on a appelé l’école humaniste française, au côté de Robert Doisneau et d’Edouard Boubat. Il a traversé une période difficile dans les années 60 car la presse passe alors d’une photographie d’illustration à une photographie du scoop et du choc.
lundi, août 10 2009
Par PJFB le lundi, août 10 2009, 19:32 - Anthologie
Willy Ronis : «La photographie exhibitionniste me dérange» Propos recueillis par Valérie Duponchelle source : LE FIGARO
Fils d'un émigré juif d'Odessa (Ukraine) et d'une pianiste juive lituanienne, Willy Ronis, né le 14 août 1910 à Paris, a gardé ce charme doux venu d'Europe centrale. Homme posé, tout en courtoisie et en mesure, cet admirateur de Stevenson et de Julio Cortazar, des Fraises sauvages, de Bergman, et du génie Fellini est l'une des dernières grandes figures de la photographie humaniste. Avec la complicité du Jeu de paume, Arles lui rend hommage en une belle rétrospective à l'église Sainte-Anne, émouvante comme le Requiem de Fauré qu'il aime tant. Rencontre avec un homme engagé qui ignore toujours, à 99 ans, le sectarisme, le snobisme, le pessimisme complaisant et la vulgarité.
LE FIGARO. - L'amour de l'humain, est-ce votre signature ? Willy RONIS. - Oui, je suis né comme ça. Naturellement, cela se traduit dans mon travail. J'en suis ravi. C'est ma nature.
Vous avez donné une définition de l'école humaniste : «C'est le regard du photographe qui aime l'être humain»… Retrouvez-vous ce regard chez les photographes d'aujourd'hui ? Certainement. Cela a existé de tout temps. Cela existera tant qu'il y aura des hommes. Les hommes vivent en société, les uns auprès des autres. Il est bien normal que des affinités se composent et se traduisent par des contacts chaleureux, importants, comme ceux que j'ai vécus.
Ce sens de la communauté vient-il de votre entourage familial ? Mes parents vivaient dans une petite cellule familiale assez isolée. Dès l'adolescence, j'ai fréquenté des groupes. À l'âge adulte, j'ai rencontré pas mal de monde. Comme j'ai un grand plaisir à m'entretenir avec mes semblables et le contact facile, tout s'est construit spontanément. J'ai tenu cela de mon père, un homme extrêmement chaleureux, fantastique, toujours gai malgré les adversités, et il en a eu. Il a été ma vraie mère. Cela a déteint sur moi. J'ouvre sur mes contemporains des yeux qui leur sont d'emblée favorables. Quitte à me tromper. La foi n'est pas en cause. Ma mère était juive, religieuse, mais je n'ai pas été touché par cette grâce. J'ai très bien vécu sans.
Bonté, amour du prochain… Ce ne sont pas des valeurs terriblement démodées ? Est-ce pour cela que vos photos les plus tragiques gardent une lueur d'espoir ? Certaines sont tragiques, c'est vrai. Comme ce Mineur atteint de silicose que j'ai photographié à Lens, dans le Pas-de-Calais, en 1951. Devinez son âge ? Il avait 47 ans et la tête d'un homme de 70 ans. Il s'appelait Émile Fontaine. Il ne mangeait plus. Il fumait seulement. Il ne marchait presque plus. Il restait assis en tailleur dans un fauteuil, se risquait, vacillant, à faire quelques pas dehors en s'appuyant sur le mur. Il est mort quelques mois après la photo. Je l'avais rencontré grâce à des amis lensois qui m'aidaient dans ma quête de motifs. Je suis entré chez lui pour me présenter et lui demander si je pouvais prendre sa photo derrière la fenêtre, où j'avais eu mon premier regard sur lui. C'est la circonstance qui fait le contact.
Quel a été le déclic de votre engagement politique, vous qui avez photographié le Front populaire, sa joie, puis sa déception ? J'avais 13 ans lorsqu'un soir dans le métro je vois entrer quatre ouvriers avec leurs casquettes sur la tête, signes distinctifs de l'ouvrier parisien. Ils se mettent à chanter. Un chant grave dont les paroles m'étaient inconnues et me touchent profondément. Le lendemain, au lycée, un ami m'explique qu'ils chantaient La Jeune Garde, un chant révolutionnaire. C'est une des premières émotions qui m'ont marqué et ouvert les yeux sur la condition humaine et, plus spécifiquement, sur la condition ouvrière. De là, de proche en proche, je suis devenu communiste à 14 ans. Cette marque-là ne s'est jamais effacée. J'ai conservé toujours un immense respect pour la condition des travailleurs et leur défense.
Cet engagement précoce vous a sans doute porté pendant la période noire de la guerre, vous qui avez traversé de nuit, en juin 1941, la ligne de démarcation ? Je sentais venir la persécution. À Paris, j'avais dû aller faire tamponner ma carte d'identité avec le tampon «Juif». À Nice, à Cannes, puis dans le Vaucluse, je ne me suis pas vraiment caché. Je n'ai même pas changé de nom puisqu'il ne comportait pas de signes étrangers. Mon nom aurait pu être français.
Avez-vous fait des photos de cette persécution qui s'avançait sur les Juifs d'Europe ? Non, très peu.
Pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être que cela me dérangeait trop. Si j'avais été célibataire, j'aurais sans doute pris des risques. J'avais ma mère à ma charge. Elle est restée à Paris, avec une inconscience folle. Elle a survécu à Paris. C'est le destin dans toute sa violence et sa bizarrerie. J'ai eu de la chance. Je suis le seul à m'être échappé lorsque nous avons traversé la ligne de démarcation et qu'une patrouille allemande nous a interceptés. J'étais jeune, j'ai pu courir. Les autres étaient des familles avec des enfants.
En 1944, lorsque vous rentrez à Paris, vous gardez votre foi en l'homme. Vous auriez pu faire des photos des lâches et des salauds… Il y avait de la matière. Mais ce n'est pas ce qui m'intéressait. J'étais témoin, je n'avais pas envie de faire de la dénonciation. Le témoignage suffisait déjà. Je ne voulais pas rajouter de l'indignité à l'indignité. J'ai mes qualités et mes faiblesses. Mais, tout compte fait, je n'ai pas trop à rougir de mon passage dans la vie. Même la guerre n'a pas altéré mon optimisme foncier. Je ne crois pas en la perfectibilité de l'homme, non, mais il y a suffisamment de braves gens pour que l'on n'ait pas à désespérer. Je veux croire que les hommes seront assez sages pour organiser la société afin qu'elle fasse le moins de mal possible. J'écoute la radio, je vote, je me mets encore en colère. Pour la première fois de ma vie, je n'ai pas voté pour les élections européennes.
La pudeur est dans toutes vos images. Comment regardez-vous la photographie contemporaine, qui la pratique si peu ? Je ne suis pas exhibitionniste. Ce nouveau monde des photographes, je ne le connais pas bien. Depuis que je ne peux plus courir les rues comme avant, je vois beaucoup moins mes confrères. Je les vois ici, en Arles, et je vois les images qu'ils produisent dans des illustrés. Et il y a d'excellents photographes comme le Tchèque Josef Koudelka. Nan Goldin (la photographe américaine de l'underground et de la transgression NDLR) ? Cela me dérange plutôt. Pourtant, la femme est charmante. Bien sûr, on peut traiter tous les sujets, on peut tout montrer. Mais il ne faut pas que cela devienne un système. Remarquez, il y a des choses aimables dans son travail, mais c'est très minoritaire. Je respecte néanmoins sa recherche.
Qu'aimeriez-vous que l'on dise de vous ? C'était un brave type et il était bon photographe.
jeudi, août 6 2009
Par PJFB le jeudi, août 6 2009, 19:59 - Reportage
St Jean de Maurienne
... et comme chaque année désormais, la Fête du Pain à Saint Jean de Maurienne... diffcile d'innover dans la recette du pain; un pain reste un pain plus ou moins cuit... changement de costume cette année, d'époque pour un "voyage" 1900. Juste quelques images car je n'ai pas le don d'ubiquité, et qu'ailleurs il y avait d'autres choses, presque un repas. Mais c'est une autre histoire à suivre!




dimanche, juillet 19 2009
Par PJFB le dimanche, juillet 19 2009, 08:53 - Montagne
"la photographie est en effet à la fois et toujours science et art, enregistrement et énonciation, indice et icône, ici et ailleurs, actuel et virtuel, document et expression, fonction et sensation" André Rouillé
Le petit village d'Averole offre ce visage digne d'un hiver précoce

... et l'eau coule en torrent de là-haut

la neige est là, au coeur des montagnes, omniprésente, toujours prête à venir décorer les fleurs fragiles d'un été si bref



L'espoir renaît chaque matin, s'observe derrière chaque heure

et tous les matins du monde naissent ainsi

à suivre...
mardi, avril 21 2009
Par PJFB le mardi, avril 21 2009, 21:29 - Reportage
Photographies et photographe, courbes et architecture, blanc, bleu, lumières... quelques éclats, quelques portraits... miroirs et renvoie...



fantôme...
mercredi, octobre 1 2008
Par PJFB le mercredi, octobre 1 2008, 20:59 - Arts
Ces derniers mois, est né le collectif "Impromptu" qui rassemble des photographes (écrivains de la lumière) et qui exposent leurs travaux lors du Salon du Livre d'Hermillon (18 et 19 octobre 2008).

Impromptu est composé de :
Catherine Landrevie, Aurélien Lemetayer, Alexandre Modesto, Xavier Spertini, Yvan Brodier, Melina Diot et votre serviteur ici même.
Certains écrivent avec des mots, arrangent la syntaxe et le vocabulaire pour produire une oeuvre originale et évocatrice, le photographe s'accomode de la lumière avec laquelle il écrit, avec laquelle sa pupille nous émerveille! Le salon du livre est donc le lieu approprié pour conjuguer nos regards, et donner ensemble une lecture qui passe toujours par l'oeil !
Nous vous invitons à venir "jeter les deux yeux" sur nos photographies, échanger et davantage nous connaître, lors de ce week-end.
Merci
lundi, mai 12 2008
Par PJFB le lundi, mai 12 2008, 14:24 - Anthologie
Chaque semaine quelques photographies seront proposées - semaine 19 avec quatres images de Maurienne.




samedi, mai 3 2008
Par PJFB le samedi, mai 3 2008, 09:15 - Reportage
Alors que 129 journalistes sont emprisonnés dans le monde, Reporters sans frontières tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme et se penche sur les difficultés d’informer dans certaines régions de l’Union européenne.
Bettina Rheims s’associe à cette 18e Journée internationale de la liberté de la presse en offrant à l’organisation cent de ses plus belles photographies, rassemblées dans un album.

La liberté de la presse en chiffres (au 10/04/08 - chiffres actualisés quotidiennement sur www.rsf.org)
129 journalistes, 7 collaborateurs des médias et 63 cyberdissidents emprisonnés, 7 journalistes tués depuis le début de l‘année
- « Les dangers d’informer en Europe » - Un rapport disponible le 3 mai sur www.rsf.org Reporters sans frontières a mené une enquête sur les violences commises envers des journalistes au sein même de l’Union européenne. Les professionnels des médias en Europe sont pris à partie par des groupes criminels, des organisations paramilitaires, des mafias, des mouvements terroristes et des religieux extrémistes. Reporters sans frontières s’est notamment penchée sur la situation au Danemark, au Pays basque espagnol, en Irlande du Nord, en Sicile et dans les banlieues françaises.
- La liste actualisée des Prédateurs de la liberté de la presse sera disponible sur le site de l’organisation.
Le nouvel album photos de Reporters sans frontières est consacré au travail de la célèbre photographe française Bettina Rheims qui offre 100 images à l’association pour défendre la liberté de la presse. Portraits croisés de femmes chinoises et d’icônes occidentales, les clichés sur papier glacé rassemblés dans cet ouvrage nous font toucher du doigt l’univers si particulier de la photographe, un monde où la femme est mise à nu, sublimée. Grâce aux partenaires qui assurent la fabrication, la distribution et la promotion de ce magazine, les 9,90 € qu’il coûte sont intégralement reversés à Reporters sans frontières. Nous remercions très chaleureusement Bettina Rheims et l’équipe de son studio, Jacques Attali pour son texte, les NMPP, le SNDP et l’UNDP, les Maisons de la presse et Mag presse, Relay, Interforum, la Fnac et les enseignes qui diffusent gracieusement le magazine. Merci à Sanofi aventis et à l’Oréal pour leur soutien.
Vous pouvez nous aider : En présentant ce magazine à vos lecteurs, auditeurs, internautes ou téléspectateurs. Visuels libres de droits disponibles sur demande. Contact presse Alexis Poulin - 01 44 83 84 72 / presse@rsf.org
ou en publiant la campagne de publicité. Contact : Christine Leduc - 01 44 83 84 75 / communication.publicite@rsf.org
samedi, mars 22 2008
Par PJFB le samedi, mars 22 2008, 18:46 - Anthologie
"Estimez ce qui est authentique et ce qui est moderne." Aux yeux de Rodtchenko, c’est la photographie qui cristallise désormais ces qualités.
Rodtchenko et son épouse Stepanova
Figure majeure et théoricien du mouvement constructiviste et productiviste, Alexandre Rodtchenko a placé la photographie comme le médium privilégié de son expression artistique, jusqu'à sa forme la plus aboutie, le photomontage. Il exerce une influence considérable sur la production photographique de l'avant-garde, de l'Est et de l'Ouest. Son œuvre est complétée par de nombreuses recherches formelles, alliant la peinture, le collage ou la typographie.

En 1921, il signe le manifeste productiviste avec sa femme Varvara Stepanova, qui proclame : « A bas l'art, vive la technique ! ». Dès 1924 et jusque dans les années 30, il se consacre essentiellement à la photographie, et produit quelques célèbres portraits de Maïakovski, son ami et collaborateur, poète et engagé, et de Lili Brik.
L'intérêt d'une image réside pour lui davantage dans sa forme que dans le sujet représenté. Toujours en quête d'une recherche graphique dans ses images, Rodchenko recadre, recoupe, colle des images. Il réalise de nombreuses affiches, ancrées dans la réalité politique de l'URSS de l'époque. En phase avec les orientations du parti communiste, Rodtchenko connaît et exploite l'importance de l'image pour la propagande et pour véhiculer une idéologie.
En 1928, la revue Sovetskoïe foto publie un article accusant Rodtchenko de reproduire les recherches occidentales (du Bauhaus notamment et donc de Moholy-Nagy). C'est le début d'une longue controverse à son sujet, qui lui coûtera beaucoup d'énergie à défendre son travail photographique.
Parmi ses images les plus connues, on se souvient du portrait de la mère de l'artiste, qui est en fait un gros plan recadré de l'image du négatif, ou de "La Femme au Leica", image aux formes graphiques pures et élégantes. Il insiste toujours sur le rejet du cadre classique, à hauteur des yeux ou du ventre, voulu par la tradition des règles de perspective : plongées, contre-plongées, diagonales fortes et points de vue extrêmes sont autant de caractéristiques qui transcrivent le dynamisme de ses photographies.

« L'art est mort. Cessons notre activité spéculative ! », déclare Aleksander Rodtchenko (1891-1956) après avoir présenté en 1925, Le Dernier Tableau, trois peintures monochromes qui constatent le décès d'une tradition artistique désormais coupée du réel. Et pourtant l'auteur de ces propos désabusés ne renonce pas à créer puisqu'il est en train d'inventer la photographie moderne.

Passionné par l'effet visuel, Rodtchenko expérimenta des procédés révolutionnaires – le raccourci, le gros plan, les angles de vue inattendus, le basculement du plan horizontal –, d'abord pour « changer la vision habituelle des objets », et ensuite pour affirmer esthétiquement la rupture avec l'ancien monde symbolisé par la peinture et l'illusion réaliste. Ses images furent publiées dans différents magazines qui popularisèrent le concept de « foto-LEF » ou « photographie de l'aile gauche » pour caractériser la photographie moderne dont le développement était encouragé par le mouvement LEF organisé autour du poète Maïakovski. En 1929, Rodtchenko adhéra à l'association Octobre et structura la section photographie où il attira d'autres innovateurs, notamment Boris Ignatovitch. Les photographes formèrent peu à peu une organisation indépendante, le Cercle Octobre qui impulsa durant sa brève existence, une grande énergie à des expérimentations dont la radicalité finirait par effrayer les esprits conservateurs. Une telle intensité créative ne pouvait que déborder rapidement hors des frontières de l'URSS. Dès 1927, Alfred Barr du MOMA, rendit compte des photographies de Rodtchenko. Puis, grâce à Lissitzky, celles-ci furent exposées à Stuttgart en 1929. De manière réciproque, les écrits et travaux d'artistes occidentaux comme Moholy-Nagy intéressèrent vivement le Cercle Octobre et Rodtchenko.
Au début des années 1930, Rodtchenko et le groupe Octobre devinrent la cible des attaques de la critique officielle. On leur reprochait une « esthétique (...) petite-bourgeoise », « formaliste » et sans grande « conscience politique ». Pour tenter de survivre, le groupe fit son autocritique et expulsa Rodtchenko qui refusait de se renier, l'empêchant ainsi de publier son travail. Le pouvoir stalinien entendait mettre au pas la scène culturelle comme toute la société. Les artistes furent subordonnés aux objectifs du Parti imposant les thèmes et les formes susceptibles de convaincre les prolétaires de « l'accomplissement socialiste » (Martin Malia). Les photographes durent adopter les critères du « réalisme socialiste », c'est-à-dire user d'un style transparent, glorifier avec pathétisme les progrès de l'URSS et surtout rompre avec toute recherche dénuée d'intérêt politique. Il aurait été judicieux d'accompagner les photographies de Rodtchenko et d'Octobre ayant pour sujet les kolkhozes, les fêtes ou les grandes réalisations soviétiques d'un appareil critique plus solide. Il est difficile, en effet, de ne pas soupçonner certaines images de réemployer le style moderne pour mieux dissimuler la réalité du stalinisme. Quand Arkady Shishkin appelle Maintenant nous allons commencer à vivre l'arrivée d'engins agricoles dans une nouvelle ferme collective, ou encore lorsque Boris Ignatovitch magnifie les récoltes abondantes et la livraison du pain à l'État, comment ne pas rappeler que la « dékoulakisation » et la collectivisation entraînèrent la déportation de 1,8 million de personnes ? Afin de financer l'industrialisation, le régime se livra à des « prélèvements prédateurs » (Nicolas Werth) sur les récoltes, combattit durement les paysans récalcitrants, et recourut à l'arme de la faim pour les faire plier. 5 à 6 millions de Soviétiques moururent lors de la terrible famine « programmée » de 1932-1933. Privé de revenus, Rodtchenko ne put que céder à son tour et l'éditeur Izogiz lui confia en 1932 un reportage sur le creusement du canal Baltique-Mer Blanche, gigantesques travaux effectués par des déportés du Goulag. Lavrentiev rappelle à juste titre le contrôle étroit auquel il dut se soumettre lors de ses prises de vue. Cependant, le fait même de ne pas avoir été condamné (alors qu'il suffisait d'un rien pour subir la vindicte impitoyable de Staline) et d'avoir obtenu, au contraire, la possibilité de se racheter en collaborant à une entreprise criminelle, relativise la disgrâce du maître de la photographie moderne. Les images de cette série sont souvent très bien construites (songeons à Travail avec orchestre) mais on doit se demander si les angles insolites, les compositions géométriques et les gros plans sur les mécanismes des portes d'écluse ne servirent pas à esthétiser la réalité pour aveugler le spectateur au lieu de lui donner à voir... Rodtchenko et ses confrères participèrent enfin plus ou moins consciemment à l'élaboration d'une culture de masse où dominaient le culte de la personnalité et l'expression de la joie collective après le « triomphe » du premier plan quinquennal.
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